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Les fêtes
juives |
Guide de Hannoucah 5782
L'allumage
La
Ménorah doit avoir huit branches ou supports disposés en ligne
droite et de la même hauteur. Il y a aussi un emplacement pour le Chamache
- le "serviteur" - qui sert à allumer les autres flammes, et qui est
décalé par rapport à elles.
Il est préférable d'utiliser de l'huile d'olive pour les lumières
de la Ménorah afin de souligner le rôle que celle-ci joua dans
le miracle de 'Hanouccah, mais des bougies conviennent également. Une
coutume répandue est d'utiliser une bougie de cire d'abeille pour le
Chamache.
Une Ménorah électrique ne peut pas être utilisée
pour s'acquitter du devoir d'allumer les lumières de 'Hanouccah.
Pour
le nombre de bougies à allumer et l'ordre de l'allumage,
On allume les lumières de 'Hanouccah avec la flamme du Chamache plutôt
qu'avec une allumette. Le premier soir de 'Hanouccah, on allume une flamme
à l'extrémité droite de la Ménorah. Chacune des
nuits suivantes, on ajoute une bougie à gauche de celles allumées
précédemment. On allume d'abord la nouvelle bougie, suivie de
celle immédiatement à sa droite et ainsi de suite. On reproduit
ce schéma chaque jour jusqu'à ce que, le huitième soir,
les huit bougies brûlent ensemble.
On allume les lumières au coucher du soleil ou à la tombée
de la nuit, selon les coutumes. Dans tous les cas, les bougies devront continuer
à brûler pendant une demi-heure après la tombée
de la nuit. On peut allumer plus tard dans la nuit, si on n'a pas allumé
plus tôt.
Le Chamache ayant été allumé au préalable, avant
d'allumer les bougies de Hannoucah, récitez les bénédictions
appropriées et, après l'allumage, récitez le "Hanérote
Halalou".
Bénédictions de l'allumage:
Chaque soir:
Cette troisième bénédiction ne sera dite que lors du premier allumage
|
Il est
d'usage que tous les membres de la famille soient présents
lors de l'allumage des bougies de 'Hanouccah. |
Quelques citations:

L'histoire:
En
164 avant l'ère vulgaire, Antiochus IV acquit la domination des territoires
syriens de l'empire Grec, territoires qui incluaient la Terre d'Israël.
Antiochus qui était un tyran d'une exceptionnelle cruauté, entrepris
de forcer tous les peuples de son empire à adopter les mœurs et coutumes
de la civilisation grecque. Son but en cela était de les amener à
une totale soumission à sa loi.
Une à une, les nations
de l'Antiquité troquèrent leurs idoles contre celles du panthéon
grec. La "conversion" à la culture grecque – l'hellénisme –
n'impliquait pas seulement l'acceptation des dieux païens, mais aussi
celle de la philosophie grecque. La pensée grecque était caractérisée
par la foi en l'éternelle fiabilité de la raison humaine et
l'idéal de l'esthétique comme une fin en soi. L'esprit humain,
avec sa logique, et le corps humain, avec la perfection potentielle de ses
formes, étaient les objets de l'idéal hellénistique.
Au regard de la loi grecque, la Torah en tant qu'œuvre de grande sagesse et
d'une grande beauté – en tant que littérature, philosophie,
histoire ou morale – pouvait être certes admirée, mais non pas
considérée sacrée.
Les Juifs qui sympathisèrent avec la mouvance helléniste gagnèrent
pouvoir et honneurs, les dirigeants grecs les élevant aux plus hautes
fonctions du gouvernement juif et de la vie religieuse. Cette élite
puissante était composée de Juifs qui prirent des noms grecs,
adoptèrent un accoutrement grec et une pensée grecque et qui
se prosternaient devant des idoles grecques qui représentaient l'antithèse
de leur propre foi.
Cependant, dans les maquis et les campagnes, le peuple demeura fidèle
à la Torah. Furieux, Antiochus envoya ses soldats pour éradiquer
ces pratiques "démodées" et obstinées. Des mesures sévères
furent adoptées pour faire disparaître la religion juive. Les
décrets grecs interdirent l'étude de la Torah et les enfants
juifs jouaient à la toupie pour masquer leur étude à
l'approche des patrouilles grecques. Nombre de martyrs juifs défièrent
la prohibition de Mitsvot telles que la Brith Mila et le Chabbat, souvent
au prix de la torture et de la mort. Parmi ces actes d'héroïsme
figurent ceux de 'Hanna et de ses sept fils qui préférèrent
périr plutôt que de se prosterner devant une idole grecque, et
ceux du vieux prêtre Eliézer qui fut exécuté pour
avoir refusé de manger de la nourriture non-cachère.
Ce fut alors que dans la ville de Modiin, le vieux Cohen Matitiahou et ses
cinq fils commencèrent la rébellion qui conduisit à l'expulsion
de toute l'armée grecque. Ils se faisaient appeler les Maccabis.
"Maccabi" rassemble les initiales des mots du verset : Mi Kamokha Baeilim
Hachem, "Qui est comme Toi parmi les forts, Ô Eternel !"
La petite armée, avec un courage et une foi exemplaires, se battit
contre la formidable puissance de l'arsenal grec et finit par l'emporter.
Une courageuse héroïne, Yéhoudit, a aidé à
assurer la victoire en tuant Holopherne, un cruel général grec.
En lui donnant du fromage salé, puis du vin fort pour épancher
sa soif, elle le fit sombrer dans un profond sommeil. Elle s'empara alors
de son épée et le tua. Ses soldats s'enfuirent dans la confusion
et la panique.
Les Maccabis se tournèrent alors vers le centre de la vie juive, le
Saint Temple à Jérusalem. Lorsqu'ils entrèrent dans le
Beth Hamikdache pour restaurer ce qui avait été pillé
et saccagé, les Maccabis cherchèrent de l'huile sacrée
pour allumer la Ménorah, un des devoirs primordiaux du service quotidien
du Temple. Une recherche minutieuse ne permit de mettre à jour qu'une
petite fiole d'huile qui n'avait pas été profanée par
les soldats grecs. L'huile qu'elle contenait (quelques 2 litres) ne pouvait
servir à allumer les sept lampes de la Ménorah qu'une seule
journée. Miraculeusement, l'huile brûla pendant huit jours, jusqu'à
ce qu'une nouvelle huile soit produite.
La Ménorah que nous allumons rappelle la Ménorah à sept
branches du Temple, magnifiquement taillée dans un seul bloc d'or.
Notre Ménorah – la 'Hanoukiah – a huit branches, plus un neuvième
emplacement pour le Chamache.
Nos sages soulignent l'importance de faire connaître le miracle de 'Hanouccah,
c'est pourquoi nous allumons la Ménorah là où tous peuvent
la voir. Souvent, des Ménorah sont placées bien en évidence
dans des lieux publics à cet effet.
La Ménorah est un symbole de libération, non seulement d'un
tyran d'une autre époque mais aussi d'une obscurité spirituelle
qui n'est pas limitée aux temps anciens. Une petite fiole d'huile,
à l'instar de la petite étincelle de judaïsme dans chaque
âme juive, suffit à éclairer la voie vers un renouveau
total de la vie juive.
Les forces de l'assimilation, comme jadis, ne peuvent éteindre la lumière
de la Torah.
A l'époque du Temple, les flammes de la Ménorah diffusaient
une lumière sainte au monde entier.
A la différence de la Ménorah du Temple qui comprenait sept
flammes, celle que nous allumons aujourd'hui à 'Hanouccah en comprend
huit. De plus, la Ménorah du Temple était placée à
l'intérieur de ce dernier, tandis que la Ménorah de 'Hanouccah
doit être placée "sur le seuil extérieur de la porte",
ou devant une fenêtre bien visible de la rue.
La Ménorah
L'Huile
L'huile symbolise l'essence d'une chose. Elle est distincte et séparée, pourtant elle infiltre tout ce qui l'entoure : l'huile flottera à la surface de tous les autres liquides, mais, alors que les autres liquides restent en place une fois répandus, l'huile, comme l'âme, pénètre tout, s'infiltre au plus profond de tout. En souillant l'huile sacrée de la Ménorah, les Grecs tentèrent de détruire l'essence de l'âme juive.
La Mèche
Une mèche sans huile ne produit qu'une faible lumière. Une vie sans Torah et Mitsvot – bien que brûlant du désir de se lier à D-ieu – est incapable d'entretenir sa flamme. Elle peut éprouver d'intenses moments d'extase spirituelle, mais, manquant de l'huile essentielle de la substance du divin, elle s'éteint bien vite, ne réussissant pas à amener une lumière durable dans le monde. Mais lorsque la mèche est trempée dans l'huile puis allumée, elle se fait le vecteur de cette huile et la transforme en une lumière régulée et stable.
Les
Flammes
Les lumières de 'Hanouccah
sont sacrées. Nous n'avons pas le droit d'en faire un quelconque usage,
autre que les regarder. Ainsi affirmons-nous la suprématie de la lumière
divine sur nos capacités limitées.
L'effort de la vie est de canaliser la lumière du jour pour qu'elle
illumine la nuit : nous nous efforçons de cultiver tout ce qui est
bon et divin, et de diriger ces ressources positives pour surmonter et transformer
les aspects négatifs du "coté obscur" de la création.
Ce processus était symbolisé par l'allumage de la Ménorah
du Temple : allumée avant la fin du jour est placée dans le
Sanctuaire, la Ménorah irradiait son éclat divin par delà
les murs du Temple vers le monde obscur au dehors.
Il y a des fois où l'obscurité envahit le Temple comme une marée
noire submergeant un phare, éteignant la Ménorah et souillant
son huile sainte. Des circonstances où nous ne pouvons plus puiser
dans le jour pour éclairer la nuit.
Dans des moments pareils, nous devons chercher la "petite fiole d'huile pure"
là où elle se cache, l'essence de la création qui est
intacte et inaltérable. Nous devons dépasser les dimensions
apparentes du "jour" et de la "nuit" afin de dévoiler
la particularité originelle de la lumière et des ténèbres.
Placée en un endroit d'où elle peut être vue de la rue,
la Ménorah de 'Hanouccah nous enseigne que nous devons diffuser la
lumière de la Torah à tout notre entourage.
Allumée après la tombée de la nuit, la Ménorah
de 'Hanouccah nous rappelle que même dans nos moments les plus sombres,
la lumière de la connaissance peut briller intensément; alors
la délivrance et le Machia'h seront à notre portée si
nous décidons d’allumer aujourd’hui ne serait ce qu'une autre petite
flamme.
Le Chant: Maoz Tsour.
Chant traditionnel de Hannoucah dans certaines communautés.
| Maoz tsour
yéchouati Lé'ha naé léchabéa'h Tikone beit téfilati Véchame toda nézabéa'h Lé-ète ta'hine matbéa'h Mivtsar ham'nabéa'h Az egmor béchir mizmor 'Hanoucat hamizbéa'h |
Rocher de
ma délivrance Dire Ta louange est un délice. Restaure ma maison de prière Et nous y offrirons des actions de grâce. Lorsque Tu prépareras la victoire Sur Tes ennemis aux abois J'achèverai par un chant de louange L'inauguration de l'Autel. |

Pour commémorer le miracle
qui est arrivé avec de l'huile, il est de coutume de manger des aliments
frits dans de l'huile. Les grands standards sont les 'Latkes' (beignets de
pommes de terre) et les 'Soufganiot' (beignets sucrés). Des mets lactés,
comme des Latkes au fromage, sont également consommés en souvenir
des actions héroïques que la légende impute à Yéhoudit.
Des cadeaux de Hannoucah?
Il est de coutume à 'Hanouccah de donner aux enfants le Déméi 'Hanouccah, un peu d'argent de poche. Cette tradition augmente grandement la joie des enfants et leur participation à l'esprit de la fête. En outre, cela procure une occasion d'encourager les enfants à toujours s'améliorer (dans l'assiduité à l'étude, dans les bonnes actions, etc.). A cet effet on n'omet pas de leur rappeler de verser la dîme (Maasser) de ce qu'ils auront reçu durant la fête.
Le jeu
Les
Grecs avaient décrété que l'étude de la Torah
serait interdite et constituait un crime passible de mort. Mais les enfants
juifs continuèrent à étudier en secret et, à l'approche
des patrouilles grecques, faisaient semblant de jouer à la toupie.
D'où l'usage des enfants de de jouer à la toupie les soirs de
Hannoucah.
La toupie nous rappelle également
que tout ce qui s'est passé à cette époque est mû
par la main invisible de D.ieu, (la main a quitté l'objet que nous
voyons tourner).
Sur chacune des quatre facettes de la toupie de 'Hanouccah est inscrit une
lettre hébraïque : "Noun", "Guimel", "Hé", "Chin". Ces
lettres renvoient à la phrase "Ness Gadol Haya Cham – Un grand miracle
est arrivé là-bas."
Mise à
jour le
Aharon Altabé
www.milah.fr